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Découvrez le fonctionnement du CDI de chantier : conditions de recours, rédaction du contrat, fin du chantier, licenciement et indemnités pour l’employeur.


CDI de chantier : fonctionnement, conditions et obligations pour l’employeur

Le CDI de chantier, également appelé contrat de chantier ou d’opération, permet à une entreprise de recruter un salarié en contrat à durée indéterminée pour réaliser un chantier ou une opération dont la durée ne peut pas être précisément déterminée à l’avance.

À la différence d’un CDD, le CDI de chantier ne comporte donc pas de date de fin prédéfinie. Le contrat prend fin lorsque le chantier ou l’opération pour lequel le salarié a été recruté est achevé, selon les conditions prévues par le Code du travail et, le cas échéant, par la convention ou l’accord collectif applicable.

Pour l’employeur, ce dispositif offre une certaine souplesse dans la gestion des effectifs, mais son utilisation est strictement encadrée. Avant de conclure un CDI de chantier, il est notamment indispensable de vérifier les dispositions conventionnelles applicables à l’entreprise.

Qu’est-ce qu’un CDI de chantier ?

Le CDI de chantier est un véritable contrat à durée indéterminée. Sa particularité réside dans le fait que l’emploi est lié à la réalisation d’un chantier ou d’une opération déterminée.

Le Code du travail prévoit que le recours à ce type de contrat est encadré par une convention ou un accord collectif de branche étendu. À défaut d’un tel accord, le CDI de chantier peut être conclu dans les secteurs où son recours était habituel et conforme à l’exercice régulier de la profession au 1er janvier 2017. (Légifrance)

Le CDI de chantier ne doit donc pas être confondu avec un CDD : le salarié est embauché en CDI et bénéficie, pendant toute la relation de travail, des droits attachés à ce statut.

CDI de chantier : quels secteurs sont concernés ?

Le dispositif peut concerner différents secteurs d’activité, mais il n’est pas possible pour un employeur de considérer que le CDI de chantier est automatiquement utilisable dans son entreprise.

La première vérification à effectuer consiste à identifier la convention collective et la branche professionnelle applicables. Lorsqu’un accord de branche encadre le recours au contrat de chantier ou d’opération, celui-ci peut notamment déterminer :

  • la taille des entreprises concernées ;
  • les activités pour lesquelles le dispositif peut être utilisé ;
  • les modalités d’information du salarié ;
  • les éventuelles contreparties en matière de rémunération et d’indemnité de licenciement ;
  • les garanties de formation ;
  • les modalités de rupture lorsque le chantier ne peut pas être réalisé ou se termine de manière anticipée. (Légifrance)

Avant toute embauche en CDI de chantier, l’employeur doit donc vérifier les règles prévues par sa branche professionnelle.

Comment mettre en place un CDI de chantier ?

La mise en place d’un CDI de chantier nécessite une attention particulière lors de la rédaction du contrat de travail.

Le salarié doit être informé de la nature particulière de son contrat. Le contrat doit notamment permettre d’identifier clairement le chantier ou l’opération concerné et les missions confiées au salarié.

Cette précision est essentielle : l’employeur doit pouvoir établir que l’embauche est effectivement liée à un chantier ou à une opération déterminée et que la fin de cette opération constitue le fondement de la rupture du contrat.

Les modalités précises d’information du salarié peuvent également être fixées par la convention ou l’accord collectif applicable. (Légifrance)

Une date de fin doit-elle être prévue ?

Non. C’est l’une des principales caractéristiques du CDI de chantier.

Le contrat est conclu pour une durée indéterminée et le terme du chantier ou de l’opération n’est pas nécessairement connu au moment de l’embauche. L’achèvement du chantier constitue ensuite le motif permettant, sous réserve du respect de la procédure applicable, de mettre fin au contrat.

Le CDI de chantier constitue ainsi une solution différente du CDD, qui repose sur un terme ou un événement permettant de déterminer sa fin conformément aux règles propres aux contrats à durée déterminée.

Que se passe-t-il à la fin du chantier ?

La fin du chantier ou la réalisation de l’opération ne signifie pas que le contrat se termine automatiquement.

C’est un point essentiel à retenir pour les employeurs : le CDI de chantier reste un CDI et sa rupture doit respecter une procédure de licenciement.

Le Code du travail prévoit que la rupture du contrat de chantier ou d’opération à la fin du chantier ou lorsque l’opération est réalisée repose sur une cause réelle et sérieuse. Elle est soumise aux règles applicables à la procédure de licenciement, notamment celles relatives à l’entretien préalable et à la notification de la rupture. (Légifrance)

Les principales étapes à respecter

Lorsque le chantier est achevé et qu’aucune poursuite de la relation de travail n’est possible dans le cadre prévu par les dispositions applicables, l’employeur doit notamment :

  1. convoquer le salarié à un entretien préalable ;
  2. tenir l’entretien préalable dans les conditions prévues par le Code du travail ;
  3. notifier le licenciement ;
  4. respecter les règles applicables au préavis ;
  5. établir les documents de fin de contrat ;
  6. verser les sommes dues au salarié au titre de la rupture.

La convention ou l’accord collectif applicable peut prévoir des modalités particulières. Il est donc indispensable de vérifier les dispositions de la branche avant d’engager la procédure.

Le salarié bénéficie-t-il d’une priorité de réembauche ?

Oui, si la convention ou l’accord collectif applicable le prévoit.

L’article L. 1236-9 du Code du travail permet à la convention ou à l’accord mentionné à l’article L. 1223-8 de prévoir une priorité de réembauche en CDI de droit commun pour le salarié licencié à l’issue d’un CDI de chantier. Les conditions, le délai et les modalités de cette priorité sont alors fixés par le texte conventionnel. (Légifrance)

L’employeur doit donc vérifier les dispositions conventionnelles applicables avant de procéder au licenciement.

Quelles indemnités verser à la fin d’un CDI de chantier ?

La fin d’un CDI de chantier intervient dans le cadre d’un licenciement. Le salarié peut donc bénéficier de l’indemnité de licenciement légale ou conventionnelle, selon les règles applicables et son ancienneté.

Les dispositions conventionnelles peuvent toutefois prévoir des règles spécifiques au contrat de chantier, notamment en matière d’indemnité de licenciement. Le Code du travail prévoit expressément que les accords de branche encadrant le recours au dispositif peuvent fixer les contreparties accordées aux salariés. (Légifrance)

L’employeur doit également régler les sommes restant dues au moment de la rupture, notamment l’éventuelle indemnité compensatrice de congés payés correspondant aux congés acquis et non pris. (Service Public)

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Pas d’indemnité de fin de contrat comme pour un CDD

Le CDI de chantier étant un CDI et non un CDD, il ne s’agit pas d’un contrat ouvrant droit à l’indemnité de fin de contrat (« prime de précarité ») prévue pour les CDD. Cette indemnité est en effet prévue par le Code du travail pour les contrats à durée déterminée arrivant à leur terme dans les conditions prévues par la loi. (Légifrance)

Il convient néanmoins de vérifier les éventuelles contreparties spécifiques prévues par la convention ou l’accord collectif applicable au CDI de chantier.

CDI de chantier : les erreurs à éviter

Le recours à un CDI de chantier doit être préparé avec autant de rigueur que n’importe quelle autre embauche en CDI.

1. Utiliser le dispositif sans vérifier la convention collective

Le premier réflexe doit être de vérifier si le recours au CDI de chantier est autorisé dans le secteur et dans les conditions prévues par la branche.

À défaut d’accord de branche applicable, les conditions légales relatives à l’usage habituel du dispositif doivent être respectées. (Légifrance)

2. Rédiger un contrat trop imprécis

Le chantier ou l’opération concerné doit être clairement identifié. Une rédaction imprécise peut compliquer la justification de la rupture lorsque le chantier arrive à son terme.

Il est donc recommandé de décrire précisément la nature du chantier, l’opération concernée et les missions confiées au salarié.

3. Considérer que le contrat se termine automatiquement

La fin du chantier ne met pas mécaniquement fin au contrat.

Le CDI de chantier reste un contrat à durée indéterminée : lorsque l’employeur souhaite rompre le contrat en raison de l’achèvement du chantier, il doit respecter la procédure de licenciement prévue par le Code du travail. (Légifrance)

4. Négliger les règles conventionnelles

Les accords de branche peuvent prévoir des dispositions spécifiques sur la rémunération, l’indemnité de licenciement, la formation, l’information du salarié ou encore les modalités de rupture.

Ces dispositions doivent être prises en compte lors de l’embauche comme lors de la fin du contrat.

CDI de chantier : ce qu’il faut retenir

Le CDI de chantier est un outil permettant à l’employeur de recruter durablement un salarié tout en rattachant son emploi à la réalisation d’un chantier ou d’une opération déterminée.

Pour l’utiliser correctement, l’employeur doit retenir quatre principes essentiels :

  • vérifier que le recours au CDI de chantier est autorisé par les dispositions applicables à son secteur ;
  • identifier clairement le chantier ou l’opération dans le contrat de travail ;
  • informer correctement le salarié de la nature particulière de son contrat ;
  • respecter la procédure de licenciement lorsque le chantier ou l’opération arrive à son terme.

La réglementation du CDI de chantier repose donc sur un équilibre entre la souplesse offerte à l’entreprise et les garanties accordées au salarié.

Pour sécuriser la gestion administrative et sociale du contrat, il est recommandé de vérifier systématiquement la convention collective applicable et les dispositions conventionnelles en vigueur avant toute embauche ou rupture.

À retenir : le CDI de chantier est bien un CDI. La fin du chantier constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement, mais elle ne dispense pas l’employeur de respecter la procédure de licenciement et les éventuelles règles conventionnelles applicables. (Légifrance)

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